Sous le ciel de Rio
Il est des relations avec les auteurs comme des histoires de compréhension profonde. Dans ma fin d’adolescence H. Hesse a accompagné les affres de l’âge ingrat illustrant de son Loup des steppes, de son Demian ou de son Siddhartha les sinusoïdes bipolaires classiques de la petite décade pubertaire. De la lecture adolescente comme empathie thérapeutique.
Plus tard j’ai tant appris aupres de celui que j’ai considéré comme un modèle d’intégrité intellectuelle, servant ses travaux et recherches du mieux possible, que ma vision des histoires – comment les mener, les moduler, les chanter, les lire – en fut transfigurée. Merci Mr Bruno de La Salle. Entre autres cordées à travers les récits, la rencontre avec le mythe Arthurien ne fut pas la moindre des escalades. Alors, par hasard puisque cette version ne se trouvait pas au sein du centre de documentation d’alors, j’ai ouvert la trilogie – magique -que Michel Rio a consacré à ces héros intemporels. Depuis je ne me rappelle pas avoir ressenti un tel choc tant dans l’écriture que dans la pensée chez un autre écrivain. De la littérature considérée comme une tauromachie disait Leiris, Rio incarne la quintessence de l’esprit et de l’esthétique sans concessions – c’est à dire honnête. Je me rappelle lire son Perchoir du perroquet – effleurement douloureux du renoncement à la foi culpabilisatrice et violente, visite mortelle des extrémités existentielles – à l’abri d’une pluie inondant un des paradis humains. Saisissante expérience de mise en abîme contextuelle !
Ayant acquis recemment deux nouveaux titres renouvellant le miracle, polar-pretexte à cette quête de définition de l’identité qui semble accompagner son oeuvre déjà parcourue, il me semble qu’un billet-hommage n’est pas de trop pour retourner à un contemporain l’estime qu’il semble accorder à son lectorat. Et si cela peut vous donner envie de (re)découvrir l’auteur, j’en serais ravi.
PS : j’ai bien conscience que cet endroit semble oublier l’information-documentation ces derniers temps. Il se trouve qu’entre le travail – toujours très très info-doc ! – et mon petit loup nouveau né (de son deuxieme prenom Merlin – c’est vous dire si les histoires peuvent vous imprégner), je profite des temps libres pour d’autres activités que l’informatique documentaire. Ce carnet reflète donc simplement cet état de fait. A priori ce n’est que passager, il finira bien par faire ses nuits et moi recouvrer de l’appetit TIC-post-professionnel




